L’opinion de Saint-Saëns sur Verdi, dans ses « Notes et souvenirs »

L’opinion de Saint-Saëns pour la musique de Verdi évolua avec le temps. Dans une série de volumes manuscrits conservés au Château-Musée de Dieppe, le Français rappelle comment il jugea initialement très mal la musique de son collègue :
« cette musique sans scrupules comme une vierge égarée dans un corps de garde » ! ... et plus loin : « Verdi m’apparaissait comme un Antechrist et je ne comprenais pas l’enthousiasme des admirateurs de Nabucco ».
La découverte de la partition de Rigoletto (1851) fait changer Saint-Saëns d’avis, qui adorera ensuite La Traviata (1852) et plus particulièrement Don Carlos (1867).
Devenu un soutien fidèle de Verdi, Saint-Saëns applaudit seul à l’Exposition Universelle de Londres son Inno delle Nazioni (Hymne des Nations) rassemblant les chants nationaux de chaque pays, la France étant représentée par la Marseillaise alors que l’Empereur Napoléon III, qui assistait à la représentation exceptionnelle, l’avait interdite. L’Empereur en pâlit. Saint-Saëns dut s’éclipser rapidement du théâtre.