Œuvres commentées

Le portait de Marie Desmares, dit La Champmeslé

Qui est Marie Desmares ?


Grâce à l’aide d’une galerie de Rouen, un tableau du XVIIe s. a pu revenir définitivement au musée départemental Pierre Corneille cet automne. Il s’agît du Portrait de Marie Desmares, dit La Champmeslé emprunté par le musée pour l’exposition temporaire Horace de Corneille, en 1987.
Première acquisition d’une peinture du XVIIe s. pour le musée, le portrait de Marie Desmares complète les collections du musée à plusieurs titres. Contemporaine de Corneille et native de la région, Marie Desmares, connue sous le nom de La Champmeslé, a côtoyé les plus grands auteurs et comédiens de sa génération.

Sauf le cartel porté sur le cadre doré, rien n’indique qu’il s’agit du portrait d’une actrice de théâtre adulée du public, et qui fut un temps la maîtresse de Jean Racine (1639-1699) ainsi que son interprète favorite.
Par son acte de baptême, on sait que Marie Desmares est née à Rouen le 18 février 1642 dans une famille de petite bourgeoisie. Contrairement à la légende, son père Guillaume Desmares n’était pas président du Parlement de Normandie mais receveur du domaine royal. Il meurt prématurément vers 1652. A l’âge de quinze ans, en 1657, Marie Desmares fait un premier mariage avec un comédien originaire d’Harfleur, Pierre Fleurye. Veuve à l’âge de vingt-trois ans, elle intègre la troupe ambulante de François Serdin et y rencontre son futur mari Charles Chevillet, sieur de Champmeslé, fils d’un marchand parisien.
En 1668, la peste qui sévit en Normandie pousse la troupe ambulante à conquérir directement Paris plutôt qu’à rôder préalablement son spectacle en province. Charles Chevillet et son épouse parviennent alors à se faire embaucher dans un théâtre renommé, l’Hôtel du Marais. La Champmeslé débute, le 15 février 1669, dans une pièce de l’abbé Boyer, La fête de Vénus. L’année suivante, en 1670, le couple Champmeslé intègre l’Hôtel de Bourgogne, théâtre parisien rival mais légèrement supérieur en notoriété à celui du Marais.



Portrait de Marie Desmares, dame Champmeslé (1641 - 1698) Portrait de Racine gravé par Auguste St-Aubin Les Champmeslé Ariane, tragédie de Thomas Corneille

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